Confier le chantier à mon frère : l'erreur qui m'a coûté 8 millions FCFA à Abidjan
Je raconte cette histoire anonymement parce qu'elle touche ma famille, mais elle doit être lue par tous ceux qui construisent depuis l'étranger. En 2024, j'ai commencé un duplex à Cocody Angré. Pour « garder l'argent dans la famille », c'est mon petit frère qui supervisait : il recevait les fonds, payait les ouvriers, achetait les matériaux. Pendant huit mois, tout semblait normal — photos, comptes rendus, sourires en visio. En juillet, un ami de passage à Abidjan est allé voir le chantier : l'élévation que je croyais terminée s'arrêtait au premier niveau. Une partie du ciment était revendue, les ouvriers payés en retard avaient ralenti, et mon frère avait « emprunté » sur le budget pour ses propres affaires en comptant se rattraper. J'ai perdu environ 8 millions FCFA et surtout un an de délai. Le plus dur n'a pas été l'argent : c'est le repas de famille suivant. Depuis, j'ai remis le chantier sur pied avec un superviseur indépendant payé au forfait mensuel, qui n'a AUCUN lien avec ma famille et aucun accès aux fonds : il contrôle, photographie, mesure, et c'est tout. Les paiements partent directement de mon compte vers les fournisseurs. Le chantier avance enfin normalement. La famille peut vous héberger, vous conseiller, vous accompagner. Mais la supervision d'un chantier est un MÉTIER, et le contrôle des fonds doit être séparé du contrôle des travaux. Toujours.
Good surprises
- +Un superviseur indépendant coûte moins cher qu'on ne l'imagine
- +Payer les fournisseurs directement supprime 80 % des tentations
Bad surprises
- −8 millions FCFA détournés en 8 mois sans aucun signal visible à distance
- −Les photos ne prouvent rien si vous ne savez pas quand et où elles ont été prises
- −Le conflit familial dure plus longtemps que le retard de chantier